Yves NICOLIN fait le point sur des propos concernant les avantages des professeurs

Avantages de professeurs

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Yves NICOLIN                                                              Roanne, le

Député de la Loire en Rhône-Alpes

Président de l’Agence Française de l’Adoption

 

                                                                                                          Monsieur Lionel FOUGERON

          FSU Bassin Roannais

            12 avenue de Paris

            42300 ROANNE

           

Réf. : YN/NL

 

 

 

Monsieur,

 

J’ai bien pris connaissance de votre lettre en réaction à l’article paru dans le Pays Roannais suite au point presse auquel j’avais convié non seulement le Pays Roannais mais également le Progrès et d’autres médias locaux.

 

Je comprends la réaction qui fut la vôtre car si je ne peux rien retirer des propos que j’ai tenus, force est de constater qu’une phrase tirée de son contexte peut lui donner un retentissement qui me paraît en décalage avec le sens de mes affirmations.

 

En effet mon intervention avait pour objectif d’expliquer la situation de crise financière que traverse l’Europe et en particulier notre pays.

 

Cette crise sans précédent met en lumière qu’il devient de plus en plus intenable de poursuivre un rythme de dépenses publiques sans cesse en augmentation et que le plan que le gouvernement impose à chacun d’entre nous implique que les efforts à faire sont devant nous.

 

En ce sens j’ai cité plusieurs sujets qu’il me paraît impossible d’éviter demain et parmi ceux-ci, j’ai abordé le nombre d’heures passées devant les élèves d’UN CERTAIN NOMBRE de professeurs en terme de temps de travail au regard de l’immense majorité de nos concitoyens, tant du secteur public que du secteur privé.

 

Pour cela, je me suis basé sur le décret n°50-581 du 25 mai 1950, modifié par le décret n°76-946 du 15 octobre 1976 et dont les dispositions sont toujours en vigueur.

 

En résumé, ce décret fixe en particulier les horaires maxima de service hebdomadaire des enseignants dont il ressort notamment que pour les enseignements littéraires et scientifiques du second degré, le nombre d’heure maximum est de 15 pour les agrégés et de 18 pour les non agrégés.

 

Par ailleurs, je ne méconnais ni les réductions de ces heures pour des classes surchargées (chapitre II de ce décret), ni les décharges d’heures qui font effectuer à certains enseignants entre 8 et 10h hebdomadaires et dont certains bénéficient pour diverses activités annexes.

 

De même il convient de rappeler qu’il s’agit bien sur du temps d’enseignement, de présence devant élève qui n’inclut donc pas le temps de préparation ou de correction des cours et examens.

 

 

 

 

 

Pour être plus complet, il convient de rappeler également que ce nombre d’heures d’enseignement est calqué sur celui des élèves, c’est à dire sur 36 semaines de travail par an alors que les salariés, tant du privé que du public, doivent effectuer 47 semaines.

 

Un rapide calcul montre ainsi qu’en moyenne un enseignant de l’éducation nationale effectue, s’il est certifié, 705 h/an contre 1.820 h/an pour un salarié de droit commun, soit un rapport inférieur de 60% environ.

 

Bien sur étant parent d’enfants scolarisés, je fais toute la différence entre les professeurs des écoles du primaire et les professeurs de l’enseignement secondaire comme du supérieur.

 

Bien sur, je fais également le distinguo entre les heures passées devant les élèves et les charges de travail supplémentaires qu’impliquent tant les préparations de cours que les corrections des épreuves. Mais j’attire aussi votre attention sur le fait que les enseignants ne sont pas les seuls professionnels, loin de là, à emporter du travail chez eux ou à faire du travail préparatoire avant leur prise d’horaires.

 

Bien sur, loin de moi l’idée de dénigrer une profession qui mérite respect et défense de ses intérêts. A ce titre, je vous rappelle les efforts apportés aux revalorisations actées depuis 2007, notamment en direction des jeunes enseignants, en particulier pour redonner de l’attrait à leur carrière.

 

Certains d’entre vous ont considéré mes propos comme insultants. De grâce, ne donnons pas plus de force aux mots que ce qu’ils expriment eux mêmes.

 

Rien, y compris dans ce qu’a relaté la presse n’est insultant pour personne.

 

Personne ne veut, comme je l’ai lu de la plume de la FSU du bassin Roannais, démanteler le service public ni l’éducation nationale. Le gouvernement comme le parlementaire que je suis cherchent seulement à adapter une structure humaine qui se base sur des règles qui sont pour beaucoup désuètes.

 

Regardons autour de nous, en Europe comme ailleurs, pour constater que l’éducation nationale française - et ce n’est pas la faute des enseignants mais des politiques qui sont allés de renoncement en renoncement - ne fonctionne pas de façon optimum et compte parmi celles qui performent le moins. Et pourtant, ce n’est pas faute de mettre des moyens en face, puisqu’en 30 ans, les dépenses consenties par élève passent de 4 400 € à 8 000 € soit une augmentation de 80 %.

 

Ne pas vouloir s’interroger revient à condamner les élèves comme les enseignants à une dégradation du service que doit rendre l’éducation nationale.

 

Refuser le débat en se braquant dès qu’un mot est pris pour une attaque n’apportera pas de solution. Seuls le débat et la confrontation des idées nous permettront, ensemble, de trouver les solutions qu’attendent nos enfants pour les préparer à affronter un monde difficile et pour lequel ils doivent disposer d’atouts pour leur permettre de croire en leur avenir.

 

Jamais dans mes propos je n’ai dit que TOUS les enseignants travaillaient entre 8 et 10 heures par semaine. J’ai dit que CERTAINS sont très loin des 35 heures. « Certains » n’a jamais voulu dire « tous » et je ne peux que regretter qu’une phrase ait été interprétée ou comprise comme un signal aussi généralisant.

 

Les mots en français ont un sens et je suis surpris que certains dont le métier est d’apprendre le sens de ces mots leur en donnent un autre.

 

 

 

Croyez que je regrette que certains d’entre vous se soient sentis blessés. A eux, je leur présente mes excuses. Aux autres de mauvaise foi, je les renvoie à leur cours de grammaire.

 

Il n’en demeure pas moins que face aux difficultés que rencontre notre pays, nous ne pourrons pas éluder le débat qui touchera l’organisation de l’éducation nationale.

 

Pour moi, la bonne clé pour ouvrir ce débat sera de revoir les missions des enseignants, de travailler avec eux sur le temps de présence dans l’établissement, de travailler sur le tutorat, le travail en petits groupes plutôt que rester uniquement figé sur le temps d’enseignement tel que prévu par le décret de 1950.

 

En échange de cette refonte de votre métier, des revalorisations salariales seront possibles et au delà des salaires, c’est une meilleure considération de tous qui se développera.

 

Tels sont les éléments de réponse que je souhaitais porter à votre attention, en espérant pouvoir continuer à œuvrer pour un débat ouvert et sans tabous pour l’avenir de l’école au service de nos enfants.

 

Je vous prie de croire, Monsieur, à l’assurance de mes salutations distinguées.

 

 

 

 

 

                                                                                              Yves NICOLIN

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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