Michel Mercier, se rend au centre de détention de Roanne

Article du progrès du 3 Février 2012

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Le garde des Sceaux, Michel Mercier, se rend au centre de détention de Roanne cet après-midi. En amont de sa visite, il répond aux questions de la rédaction, sur les problèmes de cette prison, ainsi que sur les projets de La Talaudière.

 

 

Michel Mercier, garde des Sceaux et ministre de la Justice et des Libertés, sera à Roanne cet après-midi, où il visitera le centre de détention inauguré en 2009. Il était le premier réalisé en partenariat public-privé (PPP).

Après des problèmes techniques et des malfaçons au tout début, il est aujourd’hui question de refaire l’étanchéité des sanitaires des cellules.

Ce type de partenariat est-il toujours cité en exemple malgré tous ces déboires à Roanne et dans d’autres centres de détention ?

Les problèmes techniques que vous évoquez ne sont pas liés au fait que nous ayons choisi de faire appel à un partenariat public-privé, qui est avant tout un dispositif financier et budgétaire. Il s’agit de difficultés d’ordre technique liées à des malfaçons. Elles auraient pu apparaître avec d’autres dispositifs. J’ajoute que le PPP a, depuis, été utilisé dans d’autres cas. Il ne s’agit toutefois pas de l’unique modalité que nous utilisons pour construire des prisons.

Les syndicats dénoncent le manque de surveillants et de travailleurs sociaux. Que leur répondez-vous ?

Comme l’ensemble des établissements de cette génération, tels Corbas, Poitiers et Rennes, les organigrammes de référence n’ont pas suffisamment tenu compte de l’architecture de l’établissement. S’il n’y a donc pas de déficit théorique, il peut sembler que le personnel ne soit pas en nombre suffisant. Ceci a donné lieu à Roanne à des mouvements revendicatifs en 2011. Comme sur les autres sites, la solution réside dans un dialogue constructif mené avec les autorités régionales et les organisations syndicales pour réaliser un diagnostic partagé et trouver les solutions adaptées.

Les profils inadaptés à ce type d’établissement, peines courtes ou détenus difficiles, sont pointés du doigt. Quel est votre avis ?

Il est vrai qu’il faut faire attention à ne pas trop mixer les profils de détenus lorsqu’un établissement a été conçu, comme c’est le cas de Roanne, pour accueillir des peines moyennes ou longues. C’est la raison pour laquelle le projet de loi de programmation pour l’exécution des peines en cours de discussion au Parlement vise à diversifier le parc carcéral.

La maison d’arrêt de La Talaudière sera-t-elle reconstruite quel que soit le résultat de l’élection présidentielle ?

J’ai annoncé officiellement en novembre à l’Assemblée nationale que la maison d’arrêt sera reconstruite sur un autre site. Les échéances présidentielles n’ont pas d’influence sur cette décision qui est une impérieuse nécessité. La préfète de la Loire, en lien avec les élus, est chargée de trouver des emprises foncières adaptées.

Si une nouvelle prison est construite, que fera-t-on de l’ancienne ?

Nous verrons en temps et en heure. C’est là encore la préfète qui sera chargée avec France-Domaine d’en évaluer le prix et de mener à bien les opérations de vente éventuelles.

Des travaux sont en cours à La Talaudière. Seront-ils stoppés quand un autre lieu sera trouvé ?

Il ne m’appartient pas de dire quels sont les travaux indispensables et ceux qui peuvent être reportés. Ce que je sais, c’est qu’il s’écoulera encore quelques années avant que l’établissement nouveau soit ouvert. Dans ce laps de temps, les personnels de La Talaudière doivent travailler dans les meilleures conditions possibles et les détenus vivre dans des conditions garantissant le respect de leur dignité.