Un millier de Ligériens dans le cortège

Article du progrès du 14 Janvier 2013

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Elle est une aide-soignante de 34 ans. Et elle a défilé hier, une bonne partie de l’après-midi, entre la place d’Italie et le Champ-de-Mars.

Le bonnet rivé sur la tête, Edith Valdenaire, originaire de Saint-Etienne, s’est fondue hier dans la foule, anonyme. « Je suis contre celle loi et je veux des états généraux et un référendum pour parler de la filiation ; pour parler du mariage et surtout des droits de l’enfant. C’est un sujet tellement grave, qu’on n’a pas le droit de laisser faire n’importe quoi ».

Et ils sont tous là, avec leurs slogans. Pierre, venu de Firminy en TGV avec sa femme et ses trois enfants, arbore un panneau : « Deux pères, deux mères, bonjour les repères ». Derrière lui, un groupe de Roannais reprend les refrains : « Hollande, touche pas au mariage, occupe-toi du chômage ». C’est la première fois qu’ils manifestent et promettent qu’ils reviendront s’il le faut.

« Finalement, l’ambiance est plutôt sympa, lance Xavier. Et c’est vrai qu’on est loin des cortèges syndicaux traditionnels ».

Cette manifestation a fait descendre dans la rue des hommes, des femmes, le plus souvent peu habitués aux défilés. Comme Françoise, venue de Feurs, avec en main un panonceau flanqué d’un définitif : « Y’a pas d’ovules dans les testicules ». Elle est comme ça, cette manif, détendue, bon enfant et d’un humour pas toujours très fin.

En première ligne du défilé, le député UMP de la Loire, Yves Nicolin guide le cortège. Pour la seule ville de Roanne, quatre cars ont fait le déplacement. Et l’élu savoure ce moment. « C’est un succès énorme, explique-t-il. Mais il faudra une mobilisation encore plus grande pour faire reculer le gouvernement.

Le député de la Haute-Loire Laurent Wauquiez est lui aussi en première ligne, à côté de Jean-François Coppé et l’ancien président de l’Assemblée nationale, Patrick Ollier. « On préférerait que François Hollande mette son énergie dans la lutte contre le chômage et la bataille de l’emploi », lance le maire du Puy-en-Velay.

Il est 16 heures. La place d’Italie, point de départ de la manifestation, est toujours noire de monde alors que les premiers sont partis depuis maintenant trois heures. Puis la nuit tombe sur le Champ-de-Mars et ils sont encore des centaines de milliers à espérer que le gouvernement reculera face à une mobilisation aussi importante. Edith, Xavier, Françoise cherchent leur car. Il est 18 heures. L’heure du retour a sonné.