Une réforme à minima

Rythmes scolaires

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Yves NICOLIN se réjouit que le débat sur les rythmes scolaires entamé avec Luc Chatel se poursuive avec Vincent Peillon mais se désole du manque de courage du Ministre actuel, à l'heure où est annoncée une soi-disant "refondation" de l'Ecole. Vincent Peillon préfère certainement se lancer dans d'autres polémiques et se faire le chantre d'une pensée laïcarde d'un autre temps plutôt que de moderniser en profondeur l'Education Nationale.

Là où il était indispensable de réorganiser les rythmes scolaires dans l'intérêt de l'enfant avec des journées plus courtes MAIS sur une période de temps plus importante, M. Peillon n'a pas le courage de rogner sur les (trop) grandes vacances scolaires et alors qu'il a, à la Toussaint, accordé au système une semaine supplémentaire.

Là où il était indispensable d'aménager les rythmes scolaires pour dégager du temps pour une étude obligatoire après l'Ecole, source réelle d'égalité des chances, et pour des aides individuelles pour les élèves en difficultés (aides mises en place par la précédente majorité), M. Peillon ne va pas au bout de la logique de l'individualisation.

Là où il fallait un objectif clair, un cap, une grande Loi pour que l'Education Nationale se révolutionne de fond en comble et rattrape son retard pris sur la moyenne des pays de l'OCDE, M. Peillon entretient le flou et réforme a minima les rythmes scolaires pour ne surtout mécontenter personne.

La véritable réforme, courageuse et nécessaire pour la réussite de tous, eut été de laisser, à l'instar des meilleurs élèves européens, davantage d'autonomie à chaque établissement. Ces derniers, autour du chef d'établissement et de son équipe pédagogique, auraient ainsi développé leurs propres projets pédagogiques, leurs propres rythmes scolaires, leurs propres organisations, dans un contexte de saine émulation qui seule pourrait permettre de rendre tout son sens à l'Ecole de la République.