Quand Jean-Marc Ayrault donne raison à l'UMP

Rythmes scolaires

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Depuis des semaines, le gouvernement de François Hollande, et même les élus PS de Roanne, nous expliquaient qu'il n'y avait pas de problème majeur dans l'application des nouveaux rythmes scolaires. A l'entendre, seule une droite cynique pouvait oser s'interroger sur la mise en place de cette réforme au risque de « prendre en otage les enfants »… Plutôt que de se déjuger, le gouvernement préférait rester sourd à l'expression des inquiétudes des maires, des parents, des directeurs d'établissements, des syndicats d'enseignants.

Et pourtant, voilà que Jean-Marc Ayrault, du bout des lèvres, vient de donner raison aux opposants. Le financement n'était pas un problème ? Voilà qu'il a concédé le 9 octobre qu'il faudrait reconduire en 2014 le fonds d'amorçage qui finance une part de la réforme pour toutes les communes. Il a annoncé aussi la création d'un groupe de travail sur le coût de la réforme. L'organisation n'était pas un problème ? Le Premier ministre a concédé qu'il fallait mener une réflexion sur les taux d'encadrement des activités périscolaires, laisser plus de temps aux maires pour préparer les projets éducatifs et que les maternelles méritaient un traitement spécifique.

Etait-ce nécessaire d'insulter l'opposition pour finir par se rallier à son constat ? Qui a fait preuve de cynisme dans cette histoire ? C'est bien la prise de position ferme de l'UMP qui a fait bouger les lignes et permis de sortir en partie le gouvernement de son déni de réalité.

Mais si ces avancées sont encourageantes, elles demeurent insuffisantes : le financement annoncé est toujours en deçà du coût réel de la réforme. Au mieux, en 2014, une commune pourra toucher près de 150 € par élève et par an. Cela sera largement inférieur aux besoins dans de nombreuses communes qu'elles soient grandes, comme Grenoble, Caen, Bordeaux, ou petites comme Crillon, dans l'Oise, qui a dû renoncer à l'application de la réforme dès 2013 et Janvry, dans l'Essonne, qui se dit dans l'incapacité de l'appliquer en 2014. Et comment feront toutes les communes de France alors qu'aucun financement n'est certain au-delà de la rentrée 2014 ? Devront-elles faire payer une « taxe Peillon » à tous leurs administrés déjà écrasés par le matraquage fiscal national ?

Je ne me contente donc pas des annonces de Jean-Marc Ayrault. Le gouvernement doit aller beaucoup plus loin pour assurer un financement pérenne de sa réforme et faire preuve de plus de souplesse dans sa mise en œuvre qui est un casse-tête notamment dans les communes moyennes et rurales. Tant que des garanties solides et sérieuses n'auront pas été apportées par le gouvernement, nous continuerons à demander le report d'une réforme qui reste inapplicable en l'état.