Sanctionnons les vrais responsables

Naufrages de migrants en Méditerranée

image gauche

Face à l'indicible horreur de ces centaines d'enfants, femmes et hommes noyés ou rescapés de justesse en mer Méditerranée, l'Union européenne a un devoir de réponse et d'action immédiates.

Le Sommet européen extraordinaire des Chefs d'État et de gouvernement convoqué ce jeudi aura la responsabilité de répondre à ce phénomène d'ampleur qui n'a que trop duré.

Mais ne nous trompons pas de responsable. Certes, l'Union européenne est coupable d'avoir failli à mettre en place un système de gestion efficace des flux migratoires. Certes, sa politique de l'asile dont nous avions pourtant jeté des bases solides et ambitieuses en 2008 est défaillante et trop souvent détournée de sa finalité.

Mais les premiers coupables, ce sont les trafiquants et passeurs qui profitent de la désespérance de ces migrants pour nourrir leurs activités criminelles et « racketter » chaque candidat à l'immigration de 2000 à 3000 euros. Les premiers responsables, ce sont les pays sources, souvent zones de conflit, qui alimentent ou ferment les yeux sur ces exodes.

La réalité de ce phénomène est difficile à admettre car elle signe un terrible constat d'échec : près de 1500 migrants morts en Méditerranée en 2015, 3419 en 2014 et 170 000 migrants récupérés et débarqués en Italie en 2014.

La réalité dans nos territoires, c'est l'explosion record des demandes d'asiles de 44% sur un an alors que l'Union européenne peine à renouer avec la croissance et la prospérité. La réalité, c'est le triplement de l'immigration irrégulière en 2014 et déjà une hausse de 50% sur le premier trimestre 2015.

Il y a donc urgence à agir : c'est l'intérêt des migrants et un impératif pour les peuples européens. Pour cela, l'Union européenne doit clairement établir des priorités :

  • renouer le dialogue avec les pays sources et de transit pour mieux maitriser l'immigration clandestine et stopper la spirale des traversées périlleuses sur des bateaux de fortune. N'hésitons pas à désormais conditionner nos aides à la mise en place d'une maitrise des flux migratoires par les pays sources.
  • coordonner davantage les actions de police et des services judiciaires pour traquer et criminaliser les trafiquants qui exploitent la misère des migrants,
  • renforcer les moyens financiers, opérationnels et humains de FRONTEX, en particulier ses opérations maritimes qui ne peuvent se limiter à l'intervention de sept navires, deux avions et un hélicoptère,
  • accompagner concrètement le rétablissement de l'état de droit et la sécurité en Libye devenue le terreau de la criminalité, du terrorisme et des trafics,
  • appliquer la réglementation sur l'asile en améliorant la détection de ceux qui ont un vrai besoin de protection de ceux qui ne sont pas véritablement fondés à se prévaloir de ce statut pour mettre fin à l'embolie du système.