La solidarité n'est pas l'assistanat !

Entre déception et confusion

image gauche

Dans sa Charte des valeurs, l'UMP défend une conception exigeante de la générosité : « La solidarité ne doit pas se transformer en assistanat, par une distribution uniforme d'aides qui conduit à perdre toute considération pour le travail, ce qui est contraire à la dignité et au respect de chaque personne. L'assistanat décourage ceux qui travaillent et risque de maintenir dans l'inactivité ceux qui sont en difficulté. […] Nous dénonçons la fausse générosité financée à crédit […] par les générations futures. »

Malheureusement, c'est une conception de la solidarité diamétralement opposée à la nôtre qu'a proposée Jean-Marc Ayrault, ce 11 décembre, en annonçant un plan de lutte contre la pauvreté basé sur une augmentation des aides sociales sans contrepartie. Bien sûr la lutte contre pauvreté est une cause commune qui dépasse les clivages partisans, mais nous ne pouvons accepter ce plan qui risque d'aggraver la situation des 8,6 millions de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté.

Ce plan, nous ne pouvons l'accepter car il sera inefficace. Les dispositifs de ce plan déçoivent même les associations : davantage de jeunes en contrat aidés, une augmentation du RSA de 50 € sur 5 ans, ce qui va réduire l'écart avec le SMIC et donc décourager le travail, et 500 000 bénéficiaires en plus pour la CMU complémentaire. Avec ces mesures, sans doute louables sur le papier, on ne fait malheureusement qu'enfermer un peu plus des personnes dans l'assistanat au lieu de leur donner les moyens de s'élever par leur travail.

Nous ne pouvons pas l'accepter car il n'est pas financé. Les mesures annoncées vont coûter 2,5 milliards d'euros en année pleine. C'est une augmentation de 0,4% de nos dépenses sociales. Jean-Marc Ayrault explique qu'il trouvera l'argent nécessaire en faisant des économies. Personne ne peut plus le croire. Depuis 7 mois, le gouvernement a déjà promis qu'il réaliserait près de 60 milliards d'économies, sans en détailler le premier euro. La vérité, c'est que la gauche va creuser la dette. A terme ce sont les impôts de tous les Français qui augmenteront.

Nous ne pouvons pas l'accepter car il est moralement trompeur. La gauche préfère distribuer des aides plutôt que de créer des emplois : c'est du mépris pour les Français les plus fragiles qui ne veulent pas survivre grâce à des aumônes d'Etat mais veulent vivre dignement par leur travail. L'assistanat n'est pas la solution. De surcroît, en finançant ce plan par la dette, la gauche choisit de faire payer demain par nos enfants sa lâcheté d'aujourd'hui. Cette fausse solidarité n'est pas conforme à nos valeurs.

Ce n'est pas en débloquant quelques milliards d'euros supplémentaires qu'on réglera la question de la pauvreté. Il faut réformer en profondeur notre modèle de protection sociale parce que son financement n'est pas garanti à long terme, parce qu'il ne repose pas assez sur l'équilibre entre droits et devoirs mais privilégie une indemnisation passive qui enferme dans la pauvreté, parce que sa légitimité est contestée par des abus intolérables (au moins 10 milliards de fraudes sur les cotisations sociales et 5 milliards sur les prestations). Mais pour réformer notre modèle social, il faut du courage, une vertu qui ne caractérise ni François Hollande, ni son Premier ministre.

A l'UMP, nous pensons qu'il faut parier sur l'égalité des chances, plutôt que sur l'égalitarisme en investissant sur l'éducation, l'apprentissage, la formation tout au long de la vie. Nous pensons qu'aucun droit ne peut être déconnecté d'un devoir. Nous voulons combattre les fraudes qui dévoient la solidarité nationale. Nous voulons gagner la bataille de la compétitivité parce que le premier moteur de la justice sociale, c'est la croissance : avec 1% de croissance le revenu des Français double tous les 72 ans, avec 4%, il double tous les 18 ans.