Syrie: les députés UMP réticents à un engagement de la France en l'état

Article du figaro du 02 Septembre 2013

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Avant même que Jean-François Copé décide de réunir le comite politique de l'UMP mardi pour adopter une position commune sur la question syrienne, des députés ont pris l'initiative de mobiliser leurs collègues. Yves Nicolin, élu de la Loire, a envoyé samedi un SMS à l'ensemble des membres du groupe en leur posant une seule question: «Es-tu prêt à soutenir l'engagement de la France en Syrie dans les conditions actuelles?». Lundi matin, 83 députes UMP avaient répondu «non», 4 «oui», 5 ne savaient pas, 1 avait dit «oui, si», en énumérant des conditions, notamment que la France ne soit pas seule, et 106 n'avaient pas répondu.

Ce sondage n'a bien sûr pas de valeur scientifique, mais il indique une tendance: une majorité du groupe UMP à l'Assemblée refuse que la France s'engage dans l'aventure syrienne dans les conditions actuelles, c'est-à-dire très probablement sans la Grande-Bretagne, avec des États-Unis très hésitants et une ONU où la Russie fait blocage.

Député de la 10e circonscription des Français de l'étranger, qui comprend la Syrie, Alain Marsaud est catégorique: «Il y a un millier de binationaux franco-syriens coincés là-bas! Que vont-ils devenir en cas d'intervention? Moi je défends mes compatriotes, et aussi le Liban, qui serait le premier pays de la région à subir les conséquences d'une intervention!»

Quid, alors, de la position de Nicolas Sarkozy, dont Brice Hortefeux a rappelé lundi à Arcachon qu'il avait déjà alerté la communauté internationale et les autorités françaises le 8 août 2012 sur la nécessité d'agir en urgence? Alain Marsaud était présent à la réunion de l'association des amis de l'ancien président, par affection, mais sa position sur la Syrie n'a pas varié. D'ailleurs, il assume son divorce avec Nicolas Sarkozy en matière de politique étrangère.

De leur côté, Thierry Mariani et la Droite populaire ont entrepris de convaincre leurs collègues de refuser de participer à un débat sur la Syrie à l'Assemblée s'il n'est pas suivi d'un vote. Yves Nicolin a lancé lundi un nouveau sondage par SMS sur ce point. Les réponses, cette fois, seront probablement moins unanimes. À Arcachon, Jean-Francois Copé s'est prononcé contre l'organisation de ce vote, qui ne correspond selon lui ni à l'esprit ni à la lettre des institutions de la Ve République. Alain Marsaud, lui, considère qu'il ne peut pas ne pas participer au débat, même s'il n'est pas suivi d'un vote. Mardi, au comité politique, la discussion risque d'être animée.