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Salles de shoot, l'exigence de vérité

L'héroïne pour guérir de l'héroïne...

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La Ministre de la Santé se prépare à autoriser l'ouverture de salles de consommation de drogues, c'est à dire des salles de shoot pour toxicomanes

L'héroïne pour guérir de l'héroïne...

Et de l'héroïne acquise illégalement par le toxicomane dont il faudra vérifier la « qualité » pour éviter qu'il ne s'injecte des saletés…

Le ministère de la Santé, par l'intermédiaire de ces centres, vérifiera ainsi la qualité de la « blanche »,acquise grâce à toute sorte de trafics illégaux, avant d'autoriser et de surveiller les injections....

Et de nombreuses associations « branchées », subventionnées pour certaines par l'Etat, les collectivités territoriales, la région Ile de France, la Mairie de Paris, orchestrent tout un tapage destiné à faire croire au Français moyen qu'il s'agit là de la seule solution pour aider les drogués à s'en sortir.

En réalité, les mêmes s'apprêtent à instaurer l'échange de seringues en prison, la prescription médicalisée d'héroïne, la dépénalisation de la drogue et la légalisation de sa production. Et des sommes énormes sont en jeu.

Quelle est la réalité de la situation ?

Rappelons-nous qu'en 2001-2002, l'usage de cannabis avait explosé dans notre pays, alors 1er consommateur d'Europe. Un jeune sur deux l'avait expérimenté. C'était les beaux jours de cette drogue dite « douce » et l'ecstasy se généralisait sur notre territoire. Certaines hautes personnalités avaient signé « l'appel du 18 joints »…

Après une lutte intense menée au cours de ces dix dernières années, les résultats sont là : Depuis 2003, l'usage de cannabis et d'ecstasy a chuté à un taux inférieur à l'année 2000, le nombre de consommateurs de cocaïne (300 000) est trois fois moins important qu'au Royaume-Uni, en Espagne ou en Italie. II est de même de l'héroïne. Nous avons bloqué la diffusion de nouvelles drogues de synthèse alors qu'elles déferlent à nos frontières et la lutte déterminée contre les trafics a fait passer les saisies des avoirs des trafiquants de 1,2 millions d'€ en 2007 à 16 millions en 2010, et cela ne fait qu'augmenter.

Le toxicomane est aussi un malade et la politique sanitaire a connu un essor sans précédent : les 500 centres ambulatoires spécialisés, les communautés thérapeutiques, les services hospitaliers spécialisés, les 130 centres chargés de la réduction des risques, les 15 millions de seringues stériles vendues ou distribuées chaque année, les 130 000 traitements de substitution prescrits (taux le plus important d'Europe).

Ces dispositifs ont fait chuter les overdoses en France (100 à 200 par an, 4 à 5 fois moins qu'en Allemagne, 6 à 7 fois moins qu'au Royaume-Uni) et, pour les usagers de drogues, les nouveaux cas de contamination par le VIH sont passés entre 1995 et 2008 de 1400 à 75 et le nombre de décès par sida de 1000 à 43 !

Et, tout ceci s'est accompagné d'une chute de 75% en France des infractions pour usage d'héroïne…Alors, même s'il reste évidemment encore à faire, pourquoi les salles de « shoot » seraient nécessaires alors qu'en réalité, aucun autre pays n'a mis en place de tels centres au niveau national, qu'il ne s'agit que d'expériences régionales ou municipales et que dernièrement le Québec, par exemple, vient de refuser les « piqueries »…

Ces salles d'injection seraient la porte de sortie de la toxicomanie ? Bien au contraire, en confondant le poison et le médicament, en faisant tomber l'interdit, on rend l'usage de drogues acceptable, on maintient dans la dépendance, on met les personnels soignants dans une situation éthique impossible.

La vérité c'est qu'il faut catégoriquement rejeter l'aventurisme au profit de l'efficacité, qu'il faut bétonner les digues qui prohibent l'usage, qu'il faut s'opposer résolument à tous ceux qui habillent leurs revendications du faux nez de la science.

Et, surtout, il ne faut pas renoncer à notre ambition, non pas celle d'un monde sans drogue, c'est irréaliste, mais celle qui consiste à ne pas considérer le toxicomane comme un incurable ou un indésirable, comme un être perdu d'avance que l'on va diriger dans sa descente aux enfers vers des lieux cachés de la population.

Il faut refuser la dictature du « meilleur des mondes », il faut refuser une nouvelle « loi de débarras » selon l'expression d'Albert LONDRES à propos de la loi de 1938 sur l'internement.

Lutter contre l'asservissement de la drogue est un noble combat qui doit être mené sans complaisance et avec humanité.

Comme le rappelait BRECHT, « il n'y a que les batailles qui ne sont pas livrées qui sont perdues d'avance ». Dans ce domaine, essentiel pour la santé publique, l'avenir de nos enfants, la structure même de notre société, le gouvernement va capituler sous d'apparents bons sentiments qui ne sont que de dangereux prétextes.